Having trouble viewing this email? Click here August 8, 2022 – 11 Av 5782 

DISPARITIONS

Israel Corrado De Benedetti (1927-2022)

“Je me sentais trahi par l’Italie: c’était pas deux fascistes qui m’avaient arrêté, mais deux gendarmes en uniforme. Et puis, en Israël on voulait construire une société et un Pays meilleurs.” Israel Corrado De Benedetti racontait ainsi à Pagine Ebraiche, journal de la communauté Juive italienne, sa décision, prise en 1947, de faire l’Aliyah en Israël et d’abandonner sa ville, Ferrara. La trahison d’une ville et d’une nation qui avaient tourné le dos à lui, à sa famille et à des milliers de juifs faisait trop mal.
Né en 1927, De Benedetti parlait avec affection de son grand-père Ugo “antifasciste dès toujours” qui “en retraite passait ses heures à écrire des poèmes contre le fascisme, Mussolini et Hitler”. Et de sa grand-mère Emilia, “gardienne de la tradition” qui obligeait tout le monde “à aller au temple le vendredi et le samedi”. Mais il se souvenait aussi de la noirceur des lois racistes de 1938 et surtout du jour terrible de son arrestation.
Le 14 novembre 1943, les gendarmes de Ferrara frappaient à sa porte à vingt-trois heures et enlevaient Corrado, qui avait seize ans. Il fut mis ensemble avec environ soixante-dix “autres Juifs, socialistes, communistes et opposants au régime”, rassemblés dans la caserne derrière les postes.
À l’aube il y eut un appel. De Benedetti ne faisait pas partie des onze appelés qui furent fusillés juste devant le mur du château d’Este. Un épisode en suite narré par Giorgio Bassani – qui, pendant une période, fut un enseignant de De Benedetti à l’école juive - dans son récit Una notte del ’43. Les autres prisonniers furent emmenés en via Piangipane, où le jeune Corrado est resté jusqu’en janvier 1944.
Plus de soixante-dix ans auparavant, De Benedetti fera son retour en via Piangipane pour voir les travaux de construction du Musée du Judaïsme Italien et de la Shoah.

Dans la photo: De Benedetti à son retour à Ferrara pour voir les travaux de construction du Musée du Judaïsme Italien et de la Shoah
 
Traduction de Margherita Francese, révisée par Erika Centazzo, étudiantes à l’École Supérieure de Langues Modernes pour les Interprètes et les Traducteurs de l’Université de Trieste, stagiaires dans le bureau du journal de l’Union des communautés juives italiennes – Pagine Ebraiche.

Read more

ISRAEL CORRADO DE BENEDETTI/ L'INTERVIEW AVEC PAGINE EBRAICHE

“De cette cellule au kibboutz dans le Negev:
c’est mon sionisme"

Soixante-treize ans pour faire face à son passé. Ce sont ceux que Israel Corrado De Benedetti, juif de Ferrare né en 1927, a dû attendre pour remettre pied dans la cellule où, à l’âge de quinze ans, a été enfermé la nuit du 14 novembre 1943. L’occasion est arrivée avec la conférence “Les juifs italiens et le sionisme: entre recherche historique et témoignages” promue par le Musée National du Judaïsme Italien et de la Shoah, qui a emmené De Benedetti à Ferrare et au chantier où sont en train de prendre forme les espaces d’exposition pour la didactique, la bibliothèque et le centre de documentation du Musée. Juste là surgissaient les prisons de Via Piangipane, l’un des derniers souvenirs de De Benedetti, avant de son départ pour un kibboutz dans le désert du Negev, au nord de Be’er Sheva. Soixante-treize ans qu’il raconte avec les tons passionnés et ironiques d’une personne qui a vécu sur sa peu, en en tirant une énergie inépuisable, l’une des pages les plus tragiques du vingtième siècle.
 
Pourquoi, après si longtemps, cette visite au deuxième étage du bloc C de l’ancienne prison?
J’avais besoin de revoir ces lieux, même si bien de choses ont changé. Ici dans le grenier il y avait les chambres où nous étions enfermés par groupes de quinze, avec une boîte pour nos besoins, tandis que de l’autre côté il y avait la seule vraie salle de bain disponible, que nous pouvions utiliser seulement si accompagnés par une garde. Par là nous communiquions avec les parents et les amis de l’extérieur, qui se postaient sur les murs.
 
Vous avez été arrêté le 14 novembre 1943, quelques heures avant du massacre du Castello.
Ma famille et moi avions décidé de laisser Ferrare juste celle nuit-là, mais à 23 heures deux gendarmes en uniforme sont venus me chercher. Ils ont rassemblé moi et presque soixante-dix autres juifs, socialistes, communistes, antifascistes et opposants du régime dans la caserne derrière la poste et à 4 heures du matin ils ont commencé l’appel. Ils ont commencé par le sénateur Emilio Arlotti, qui était un fasciste, même s’il n’avait pas adhéré à la République de Salò, et on s’est dit qu’ils l’auraient libéré. Au contraire, les premiers nommés ont été fusillés devant le muret du Château. Nous sommes sortis à 5 heures, escortés par deux rangées de chemises noires, armées de toutes pièces. Quand Gigetto, le célèbre glacier communiste de Ferrare, a compris qu’ils étaient en train de nous transférer, il a crié: “Calmez-vous, compagnons, cette fois nous n’avons que la prison”.
 
Combien de temps est-ce qu’a duré votre détention? 
Deux mois, pendant lesquels j’ai fêté mon anniversaire. Trois fois par nuit les gardiens battaient les grilles, pour contrôler qu’on ne les avait pas sciées. Mais pas tout le monde était mauvais: Ferrandino, par exemple, qui venait de Naples, ouvrait le judas des cellules et il entonnait des chansons napolitaines pour nous remonter le moral.
 
Pourquoi est-ce qu’ils ont pris vous?
Matilde et Giorgio Bassani, qui avaient été mes enseignants dans l’école de Via Vignatagliata ont été arrêtés en juin de 1943, parce qu’ils ont été accusés d’organiser des actes antifascistes, et interrogés. Il semble que l’un des deux a dit que, en réalité, ils collectaient de l’argent pour les enfants juifs des camps de l’Italie méridionale et que le référent c’était moi, ce qui était vrai. Ainsi, mon nom est fini parmi ceux signalés au commissariat. J’ai eu cette explication, après la libération, par Renato Hirsch, préfet de Ferrare nommé par le CLN. Une fois j’ai commis l’erreur de raconter tout à une nièce de Matilde, qui l’a rapporté à sa tante. Elle m’a écrit: “Tu m’as laissé deux possibilités: te dénoncer pour outrage ou me suicider”. À la fin nous avons réussi à nous expliquer et à tout résoudre.
brengen".

Daniela Modonesi, Pagine Ebraiche

Traduction d’Erika Centazzo, révisée par Alice Pugliese, étudiantes à l’École Supérieure de Langues Modernes pour les Interprètes et les Traducteurs de l’Université de Trieste, stagiaires dans le bureau du journal de l’Union des communautés juives italiennes – Pagine Ebraiche.

 Read more

COMMUNAUTÉS

Petit Temple de Turin, 50 années de vie juive

Par Dario Disegni*

Depuis 50 ans, le Petit Temple représente le chœur de la vie religieuse de la Communauté juive de Turin. La structure hypogée de ce splendide Beth Hakeneseth qui héberge la grande synagogue et la Communauté, était anciennement un lieu destiné à la cuisson du pain azyme. Dès son inauguration en 1970, ce bâtiment a représenté un changement profond pour les juifs de Turin.
Le nouveau Temple, réalisé avec incroyable maitrise et originalité par l’ingénieur Giorgio Olivetti, représente un retour aux modèles plus anciens de la tradition juive: en effet, comme prévu par la tradition, la Tevah est colloquée au centre du Beth Hakeneseth, de manière que les fidèles tout autour soient plus engagés dans le service religieux.
On remarque cette structure dans plusieurs splendides synagogues piémontaises datant l’époque précédente à l’émancipation hébraïque (période qui va du XVIIème au XXème siècle): ces constructions sont souvent ‘’invisibles’’ à l’extérieure, mais richement ornées/décorées à l’intérieur. L’ambiance est extrêmement intime, les fidèles, grâce à la disposition circulaire des banques, sont tous réunis “au chœur’’ de la structure devant la Tevah.

*Président de la Communauté juive de Tourin
Extrait du discours prononcé à l'occasion de la celebration du 50ème anniversaire du Petit Temple

Traduction d’Onda Carofiglio, révisée par Alida Caccia, étudiantes à l’École Supérieure de Langues Modernes pour les Interprètes et les Traducteurs de l’Université de Trieste, stagiaires dans le bureau du journal de l’Union des communautés juives italiennes – Pagine Ebraiche.

Read more

How much is school worth?

By Anna Segre
 
Ius sanguis, ius soli, ius scholae: the right of the blood, the right of the soil, the right of the school. If we look at the literal translation, aside from the current use of this terminology to classify laws concerning citizenship, there is no doubt that "right of the school" sounds much more comforting than "right of the blood" and also than "right of the soil". If we considered blood, soil and school as absolute values, school would even more so be the one to prefer: "blood" and "soil" have something unsettling in them. I admit that this translation game is irrelevant, especially as regards the soli. However, we cannot deny that the laws concerning citizenship are bound to an idea of identity. And if an identity can be acquired through school, it means that, after all, school is not as irrelevant in people's lives as somebody states. 
 
Translation by Alida Caccia, revised by Margherita Francese, students at the Secondary School of Modern Languages for Interpreters and Translators of the University of Trieste, interns at the newspaper office of the Union of the Italian Jewish Communities – Pagine Ebraiche. 
ITALICS

Royal Navy officer celebrated in Italy
for helping Holocaust survivors

 Enrico Levi was an Italian Jew who served in the Royal Navy in the final 18 months of World War 2, supporting the Allied effort to defeat Nazi and Fascist forces clinging on in Italy. At the war’s end, he spearheaded the exodus of Holocaust survivors from mainland Europe to Palestine, delivering the first – then illegal – transport of settlers hoping to forge a new life. His role – and his humanity – is being celebrated by the people of Monopoli, a port on the Adriatic coast south of Bari from where Levi sailed on his pioneering voyage.
A pre-war merchant navy sailor, Enrico Levi’s racial background denied him the possibility of serving his native Italy, so he devoted his efforts to defeating Fascism. When the Allies invaded in the late summer of 1943, he headed for liberated southern Italy, helping to crew tankers which refuelled the Allied fleet.

*This article was originally published on Royal Navy on August 3, 2022.

Read more

Join us on Facebook! 

In addition to our social media in Italian, Pagine Ebraiche International recently launched its new profile on Facebook. On our page, we share news, photos, and updates. Please take a moment and visit it, and once there, click “Like” or “Follow”. We look forward to bring you great information and connect with you.
We encourage you to comment, ask us questions, or share the content with your friends, family, and co-workers. Join us on Facebook

This newsletter is published under difficult conditions. The editors of this newsletter are Italian journalists whose native language is Italian. They are willing to offer their energy and their skills to give international readers the opportunity of learning more about the Italian Jewish world, its values, its culture and its traditions.
In spite of all our efforts to avoid this, readers may find an occasional language mistake. We count on your understanding and on your help and advice to correct these mistakes and improve our publication.
Pagine Ebraiche International Edition is published by the Union of Italian Jewish Communities (UCEI). UCEI publications encourage an understanding of the Jewish world and the debate within it. The articles and opinions published by Pagine Ebraiche International Edition, unless expressly stated otherwise, cannot be interpreted as the official position of UCEI, but only as the self-expression of the people who sign them, offering their comments to UCEI publications. Readers who are interested in making their own contribution should email us at comunicazione@ucei.it
You received this newsletter because you authorized UCEI to contact you. If you would like to remove your email address from our list, or if you would like to subscribe using a new email address, please send a blank email to  comunicazione@ucei.it stating "unsubscribe" or "subscribe" in the subject field.
© UCEI - All rights reserved - The articles may only be reproduced after obtaining the written permission of the editor-in-chief. Pagine Ebraiche - Reg Rome Court 199/2009 – Editor in Chief: Guido Vitale.
Special thanks to: Francesco Moises Bassano, Susanna Barki, Amanda Benjamin, Monica Bizzio, Angelica Edna Calò Livne, Eliezer Di Martino, Alain Elkann, Dori Fleekop, Daniela Fubini, Benedetta Guetta, Sarah Kaminski, Daniel Leisawitz, Annette Leckart, Gadi Luzzatto Voghera, Yaakov Mascetti, Francesca Matalon, Jonathan Misrachi, Anna Momigliano, Giovanni Montenero, Elèna Mortara, Sabina Muccigrosso, Lisa Palmieri Billig, Jazmine Pignatello, Shirley Piperno, Giandomenico Pozzi, Daniel Reichel, Colby Robbins,  Danielle Rockman, Lindsay Shedlin, Michael Sierra, Rachel Silvera, Adam Smulevich, Simone Somekh, Rossella Tercatin, Ada Treves, Lauren Waldman, Sahar Zivan.
Questo notiziario è realizzato in condizioni di particolare difficoltà. I redattori di questo notiziario sono giornalisti italiani di madrelingua italiana. Mettono a disposizione le loro energie e le loro competenze per raccontare in lingua inglese l'ebraismo italiano, i suoi valori, la sua cultura e i suoi valori. Nonostante il nostro impegno il lettore potrebbe trovare errori e imperfezioni nell'utilizzo del linguaggio che faremo del nostro meglio per evitare. Contiamo sulla vostra comprensione e soprattutto sul vostro aiuto e sul vostro consiglio per correggere gli errori e migliorare.
Pagine Ebraiche International Edition è una pubblicazione edita dall'Unione delle Comunità Ebraiche Italiane. L'UCEI sviluppa mezzi di comunicazione che incoraggiano la conoscenza e il confronto delle realtà ebraiche. Gli articoli e i commenti pubblicati, a meno che non sia espressamente indicato il contrario, non possono essere intesi come una presa di posizione ufficiale, ma solo come la autonoma espressione delle persone che li firmano e che si sono rese gratuitamente disponibili. Gli utenti che fossero interessati a offrire un proprio contributo possono rivolgersi all'indirizzo  comunicazione@ucei.it
Avete ricevuto questo messaggio perché avete trasmesso a Ucei l'autorizzazione a comunicare con voi. Se non desiderate ricevere ulteriori comunicazioni o se volete comunicare un nuovo indirizzo email, scrivete a: comunicazione@ucei.it indicando nell'oggetto del messaggio "cancella" o "modifica".
© UCEI - Tutti i diritti riservati - I testi possono essere riprodotti solo dopo aver ottenuto l'autorizzazione scritta della Direzione. Pagine Ebraiche International Edition - notiziario dell'ebraismo italiano - Reg. Tribunale di Roma 199/2009 - direttore responsabile: Guido Vitale.
Realizzato con il contributo di: Francesco Moises Bassano, Susanna Barki, Amanda Benjamin, Monica Bizzio, Angelica Edna Calò Livne, Alain Elkann, Dori Fleekop, Daniela Fubini, Benedetta Guetta, Sarah Kaminski, Daniel Leisawitz, Annette Leckart, Gadi Luzzatto Voghera, Yaakov Mascetti, Jonathan Misrachi, Anna Momigliano, Giovanni Montenero, Elèna Mortara, Sabina Muccigrosso, Lisa Palmieri Billig, Jazmine Pignatello, Shirley Piperno, Giandomenico Pozzi, Daniel Reichel, Colby Robbins,  Danielle Rockman, Lindsay Shedlin, Michael Sierra, Adam Smulevich, Simone Somekh, Rossella Tercatin, Ada Treves, Lauren Waldman, Sahar Zivan.
Twitter
Facebook
Website