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BECHOLA LASHON Français – Fascistes

dario calimaniDario Calimani

Malheureusement, de nos jours et avec certains interlocuteurs, il faut toujours continuer à l’anticiper sans aucune ambiguïté : je ne suis pas communiste et je n’ai jamais aimé les régimes communistes d’aucune sorte, d’hier et d’aujourd’hui. Je n’ai jamais aimé Staline et ses acolytes, et je n’ai pas de difficultés pour reconnaître très clairement la barbarie. Même si, sans aucun doute ses plans quinquennaux ont été une – discutable – aubaine. D’ailleurs, on dit que Mussolini aussi « a fait beaucoup des bonnes choses », routes et ponts et bonifications des marais. Par conséquent, je ne suis pas communiste, et je reste toutefois un fervent antifasciste, parce que je ne veux pas oublier ce qu’a été le fascisme, mais non seulement pour nous Hébreux. D’ailleurs, c’est le fascisme ce que quotidiennement nous rappelle de quel bois sont faites son idéologie et sa pratique. C’est pour ça que je continue à m’inquiéter quand j’entends dire que « Il n’y a plus droite et gauche. Il y a seulement la barbarie. » La gauche, c’est vrai, n’existe plus. Mais la droite fasciste est bien réel, se fait sentir et se montre, sauf qu’on fait semblant de ne pas la reconnaître, pro bono pacis, ou pour des raisons de convenance politique. Ou simplement comme alibi pour équilibrer son propre anticommunisme. Et quand on est vraiment obligé d’affronter le fascisme de la droite, alors on utilise l’habituel et répétitif « oui, mais Staline aussi… ». Ces derniers jours, après ce qui s’est passé à Charlottesville, après les décevantes et tardives réactions du président Trump et après les connivences des institutions locales, on se préoccupe à juste titre et on se demande dans quelle direction vont les Etats-Unis. Ceux qui surtout se demandent ça sont ceux qui avaient toujours vu les Etats-Unis et leur démocratie comme un rempart de liberté et salut pour les persécutés et les déshérités. C’est l’Amérique où se sont réfugies les Hébreux qui échappaient aux pogromes de l’Empire Russe des années 80 du dix-neuvième siècle, pour ne citer qu’un exemple banal. C’est l’Amérique sur laquelle Israël a toujours compté dans les moments les plus obscurs et plus sombres de son histoire. Dans n’importe quelle situation tous savaient – même s’ils aimaient son système idéologique et sa politique étrangère ou non – qu’ils pouvaient compter sur l’Amérique, sur sa démocratie, sur sa politique libérale, sur ses portes ouvertes. Et sur sa force. Par contre, il y a maintenant beaucoup d’appréhension. Et on utilise cet inapproprié euphémisme seulement pour une question de circonspection et de trompeuse espoir. Alan Zimmerman, président de la congrégation Beth Israel, a dit qu’il a dû surveiller la Synagogue avec un garde armé, parce que la police de Charlottesville s’est refusée d’intervenir institutionnellement. Ce n’est pas un signal encourageant. Nombreux rabbins américains ont manifesté leur préoccupation pour la situation actuelle qui va se développer. Le même rabbin responsable de la conversion de Ivanka Trump a adopté une position formelle contre la timide réaction du président Trump face aux événements et à la violence de Charlottesville perpétrés par fanatiques racistes et antisémites qui endossaient nazis uniformes. Ivanka Trump et son mari Jared Kushner, ensuite, dans lesquels les Hébreux avaient placer leur espoir pour que apaisassent certaines positions ambiguës et déplaisantes du président, ont disparu. En vacances dans le Vermont. Et leur silence commence à être lourd. Il faut espérer qu’il est, au moins, un silence d’opposition catégorique à la politique raciste du père/beau-père. Pour couronner le tout, à Boston ont vandalisé deux fois cet été le Mémorial de l’Holocauste (comme ils continuent à l’appeler aux Etats-Unis). Faut-il qu’on se préoccupe ? Oui, sans aucun doute : on ne sait plus sur qui on peut compter parce qu’on ne peut plus compter sur la démocratie des Etats-Unis – malgré certains occasionnelles mais requérants distorsions. Mais la majorité des Américains, on dira, est absolument saine. C’est vrai. À Boston la réaction démocratique et antiraciste est venue dans la lumière. Et nous tous avons beaucoup d’amis américains auxquels nous pouvons faire confiance aveuglément. C’est dommage que l’histoire nous ait montré très fréquemment que dans la tempête, la vraie tempête, la minorité bestiale parle et intervient, tandis que la majorité saine taise, cachée en sécurité dans sa tanière. Peut-être dans le Vermont.

Traduction de Ilaria Vozza, étudiante de l’Ecole Superiore pour Traducteurs et Interprètes de l’Université de Trieste et stagiaire au journal de l’Union des Communautés Hébraïques Italiennes.